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I N T E R V I E W
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Interview
of Serge Moise by Michel Philippe Lerebours
M.P.L. = Michel Phillippe Lerebours
S.M. = Serge Moise
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M.P.L.:
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Quand
et comment êtes vous arrivé à l'art ? |
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S.M.:
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J'ai d'abord
été peintre. Depuis petit j'avais l'habitude de dessiner, de reproduire
tout ce que je voyais. Quand j'ai dû abandonner mes études classiques,
je me suis inscrit à l'École Professionnelle J.B. Damier où je
suis resté trois ans en classe d'Ébénisterie. Un jour, j'ai appris
par les journaux, que Tiga (Jean Claude Garoute) allait offrir
un cours de dessin à Poteau Mitan. Je m'y suis inscrit. Là j'ai
surtout appris à dessiner les visages et donc à faire des portraits.
Peu après un ami m'a conduit au Centre d'Art où j'ai rencontré
Hervé Méhu et Francine Murat. Et pendant un certain temps, j'ai
pu mettre en pratique les connaissances que j'avais acquises avec
Tiga.
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M.P.L.:
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Vous étiez alors peintre. Comment êtes vous arrivé à la sculpture
?
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S.M.:
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Vers
1972, j'ai rencontré André Dimanche qui m'a initié aux techniques
de la sculpture. Mes études à l'École professionnelle devaient beaucoup
me faciliter. |
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M.P.L.:
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Pourquoi
avez vous laissé tomber la peinture ? |
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S.M.:
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La
peinture n'était pas rentable et, avec l'affluence des peintres,
la concurrence étaient dure, d'autant plus dure que je rêvais d'un
art ?non commercial?, d'un art vraiment création, d'un art qui pouvait
pleinement répondre à mes aspirations. J'avais certainement vendu
des tableaux à quelques galeries : Galerie Mapou, Galerie Marassa
mais je me sentais de plus en plus attiré par la sculpture. Le domaine
était encore presque vierge et là je savais que je pouvais aboutir
à des techniques pleinement personnelles. J'ai alors rêvé de la
rencontre de la peinture et de la sculpture. Faire de la peinture
avec les techniques de la sculpture. Aujourd'hui, le rêve est devenu
réalité il ne manque à mes ?tableaux? que la couleur. |
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M.P.L.:
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Le
sujet pour vous est donc important. Quels sont vos thèmes préférés
? |
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S.M.:
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Il
faut seulement que je me retrouve dans mon sujet et je ne peux pas
traiter des sujets imposés. J'aime les scènes de la vie rurale.
J'aime également les paysages avec bananiers. Je suis surtout à
l'aise dans les scènes de foule : marchés, mardi gras, rara. La
foule qui bouge me fascine j'adore le mouvement. |
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M.P.L.:
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Quelle
place tient le vaudou dans votre inspiration ? |
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S.M.:
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Pratiquement
aucune. Je n'ai rien contre le vaudou. J'ai même réalisé une ou
deux ?bas-reliefs? vaudou. Mais je n'ai pas l'intention d'en faire
une source d'inspiration. |
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M.P.L.:
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Comment
voyez-vous l'avenir de votre art ? |
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S.M.:
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Le
chemin parcouru a été long, il reste beaucoup à faire et je n'ai
pas fini de chercher. Je crois cependant que je me suis donné des
techniques très particulières qui font la spécificité de mon art
et que, pour le moment, j'aimerais garder pour moi un peu égoïstement
bien que j'aie toujours été pour le partage. Je n'ai pas d'élève.
Mais j'ai un fils qui travaille avec moi et qui pourra poursuivre
mon ouvre. |
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M.P.L.:
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Ne
travaillez-vous que des bas-reliefs ? |
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S.M.:
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Non
j'ai fait des bustes et des statuettes. J'ai exposé avec d'autres
sculpteurs mais je tiens énormément au bas-relief qui me permet
de mieux m'exprimer. |