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I N T E R V I E W
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Interview
of Ronny Exume by Michel Philippe Lerebours
M.P.L. = Michel Phillippe Lerebours
R.E. = Ronny Exume
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M.P.L.:
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Quand
et comment avez-vous commencé à travailler le métal découpé? |
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R.E.:
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Cela fait
un peu plus de 2 ans. J'ai commencé en 2000. Mais avant j'ai travaillé
pendant 3 ans dans une compagnie où l'on fabriquait en série des
objets en métal découpé. Je ne découpais ni ne soudais le métal.
Je mettais de la peinture sur les objets déjà fabriqués.
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M.P.L.:
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Vous étiez payé à la pièce?
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R.E.:
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On
devait remettre un certain nombre d'objets chaque jour et l'on recevait
une gratification pour ce que l'on fournissait en surplus. Mon travail
était purement mécanique. J'appliquais les mêmes couleurs, de la
même façon, aux mêmes endroits et le résultat était toujours le
même. Je n'estime pas cependant avoir perdu mon temps puisque j'ai
profité pour regarder et, ainsi, me faire une idée des méthodes
utilisées pour découper, modeler et souder le métal. Avant cela,
j'avais fait de "la calligraphie", j'avais peint des enseignes pour
des maisons de commerce et autres. |
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M.P.L.:
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Comment
avez-vous vraiment commencé? |
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R.E.:
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Quand
j'ai quitté la compagnie, j'ai fréquenté pendant un certain temps
le "quartier des forgerons" à la Croix des Bouquets. Un ami, Claudy
Duvert m'avait introduit dans cet univers particulier. Là, je me
suis davantage familiariser avec les techniques spécifiques à cette
forme d'art. Quand j'ai senti que j'étais prêt. J'ai installé mon
atelier à Santo. |
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M.P.L.:
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Qu'est-ce
qui vous a porté à choisir ce style? |
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R.E.:
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Je
ne voulais pas ressembler aux autres. Je voulais quelque chose d'original,
d'absolument propre à moi-même. C'est d'ailleurs pour cela que j'ai
évité de travailler dans les ateliers pour ne pas être trop influencé.
Je me suis également efforcé de me trouver des sujets originaux.
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M.P.L.:
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D'où
tirez-vous vos sujets? |
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R.E.:
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J'ai
deux sources d'inspirations distinctes. D'abord je représente les
grands personnages de notre histoire, à commencer par les héros
de l'Indépendance. Là, je m'inspire des anciennes gravures et photographies
surtout celles qui sont reproduites dans les livres. Pour les "bas-relief",
je laisse courir mon imagination. |
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M.P.L.:
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"Bas-relief".
Pourquoi cette appellation? |
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R.E.:
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C'est
l'appellation que j'ai moi-même choisie et qui selon moi seule convenait.
Il s'agit des plaques sur lesquelles un sujet est travaillé légèrement
en relief. C'est le relief qui donne existence au sujet.
Autrefois, voyez-vous, le métal était travaillé à plat sans relief.
De plus en plus les "forgerons" essaient de créer le volume. C'est
la grande préoccupation actuelle. |
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M.P.L.:
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Quelle
est la part du vaudou dans votre inspiration? |
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R.E.:
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Aucune,
vraiment aucune. Je suis pentecôtiste. Ma foi me l'interdit. Je
crois que la réalité haïtienne est si riche qu'il n'est point nécessaire
à l'artiste d'avoir recours au vaudou. |
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M.P.L.:
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Comment voyez-vous l'avenir de votre art?
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R.E.:
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J'espère d'abord pouvoir organiser de nombreuses expositions et ainsi faire connaître mes créations. Je suis au début de ma carrière. Je compte travailler sérieusement pour faire avancer mon art. J'ai confiance.
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