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I N T E R V I E W
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Interview
of Riboul Montfleury by Michel Philippe Lerebours
M.P.L. = Michel Phillippe Lerebours
R.M. = Riboul Montfleury
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M.P.L.:
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Quand
et dans quelles circonstances avez-vous commencé à peindre? |
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R.M.:
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Des responsabilités
familiales auxquelles je ne pouvais échapper m'ont obligées à interrompre
mes études pour me donner une occupation lucrative, je me savais
doué pour la peinture et je peignais déjà pour le plaisir, j'ai
donc choisi de peindre professionnellement.
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M.P.L.:
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Quelle a été votre formation artistique?
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R.M.:
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Aucune
véritable formation académique. Je n'ai fréquenté aucune école d'Art.
Dans un certain sens je suis un autodidacte : j'ai fait seul mes premiers
pas. Seulement vers 1990-1991 je fréquentais régulièrement l'atelier
de Jean Fritzner Casimir. Là j'ai appris à maîtriser la couleur et
à travailler le paysage. Je travaillais alors dans un kindergarten.
J'y décorais les murs. On aimait mon travail et tout ceux qui le voyaient
m'encourageaient à travailler. |
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M.P.L.:
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Comment
a évolué votre style? |
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R.M.:
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Quand
je commençais à voyager en 1993, je suis parti pour la République
Dominicaine où j'ai rencontré des peintres de renom comme Aubin, Vilaire,
Fritz Cédon, Eddy Moïse qui ont tous apprécié mon travail et m'ont
conseillé de resserrer mon style, de le varier. On a cru y trouver
une influence de Picasso que je connaissais alors à peine. Rentré
en Haïti je me suis mis à faire des recherches sur Picasso, à qui,
je dois le reconnaître, je dois énormément. |
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M.P.L.:
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Quels
artistes vous ont le plus influencé? |
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R.M.:
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Voici
une question qui paraît difficile à répondre, parce que la liste pourrait
être très longue quand il s'agit des influences que j'ai reçues. Je
pense que j'ai été fortement marqué par trois peintres : Jean René
Jérôme, Picasso et Philippe Dodard. |
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M.P.L.:
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Comment
auriez-vous caractérisé votre style actuel? |
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R.M.:
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Il
est toujours difficile de se caractériser soi même. J'ai fait beaucoup
d'expériences ; mon art est passé par de multiples étapes. Aujourd'hui
mes formes sont fortement stylisées traités à l'aide des figures géométriques.
Le triangle, le cercle, le carré. Je pense que je suis un peintre
cubiste. |
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M.P.L.:
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Quelle
importance accordez-vous au sujet? |
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R.M.:
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Je
ne peins pas sur commande. Quand je prends une toile je sais que je
commence une grande aventure. Je ne sais jamais, au départ ce qui
va sortir. Je me laisse aller et ce n'est qu'après que je découvre
le sujet. Quelle importance a-t-il ? Jugez en vous même. Je laisse
le plus grand part à l'improvisation. |
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M.P.L.
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Quelles
sont vos relations avec le vaudou? |
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R.M.:
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Je
ne pense pas avoir de relation avec le vaudou dans ma peinture. Le
vaudou reste le symbole d'Haïti. Je sais qu'on recherche toujours
le vodou dans la peinture haïtienne. Pour moi ma peinture est tout
simplement la peinture. |
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M.P.L.
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Comment
voyez-vous l'avenir de l'art haïtien? |
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R.M.:
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L'art
haïtien est aujourd'hui en plein essor surtout sur le plan international.
La nouvelle génération est riche et prometteuse. Beaucoup de jeunes
artistes sont exceptionnellement doués et sont un atout majeur quand
au développement futur d'Haïti. Je crois en l'avenir de la peinture
haïtienne si forte et si riche. |