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I N T E R V I E W
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Interview
of Evans Arcelin by Michel Philippe Lerebours
M.P.L. = Michel Phillippe Lerebours
E.A. = Evans Arcelin
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M.P.L.:
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Quand
et comment avez-vous commencé à peindre ? |
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E.A.:
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J'avais d'abord
étudié la coiffure et en 1995 je travaillais dans un studio de
coiffure. C'est là, tout à fait par hasard, que j'ai pris contact
pour la première fois avec l'aquarelle. Je dois cependant signaler
que depuis le plus jeune âge comme beaucoup d'autres gosses, j'aimais
dessiner et en grandissant mon amour du dessin s'était renforcé.
Un jour c'était toujours en 1995, je me promenais au warf de Port-au-Prince.
J'ai vu une femme- peintre montrer ses ouvres à un galeriste de
la place. Je me suis approché malgré moi pour entendre leur conversation.
Ce jour là j'ai su que j'allais devenir peintre. Je me suis mis
au travail immédiatement.
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M.P.L.:
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Quelle est votre formation artistique ?
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E.A.:
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J'ai
senti au départ la nécessité d'une bonne formation technique. J'ai
pensé suivre des cours à l'Énarts mais je réalisai rapidement que
le temps me faisait défaut. Je me suis inscris à l'Atelier Sophie
où je fus déçu par mes professeurs. J'ai abandonné, décidé cette
fois à m'instruire en utilisant des livres d'art et des magazines
que l'on pouvait acheter dans les magasins. |
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M.P.L.:
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Quels
sont les peintres haïtiens ou étrangers qui vous ont le plus marqué
? |
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E.A.:
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J'ai
été fortement attiré par Bernard Wah et Philippe Dodard. Je ne peux
pas dire qu'ils m'ont influencé mais j'ai toujours senti qu'il y
avait quelque chose à tirer d'eux. Peut-être au niveau de la couleur
et de la composition. De loin des peintres étrangers celui sur lequel
je reviens sans cesse, c'est Picasso. Il y a tellement de leçons
à tirer de Picasso. |
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M.P.L.:
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Quelle
valeur accordez-vous au sujet ? |
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E.A.:
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Le
sujet pour moi est important. Le sujet c'est le rêve, le doux vison
qu'on aurait aimé partagé avec autrui. En d'autres termes le sujet
c'est l'essence même de l'ouvre. Je sais aussi que le tableau n'est
pas la projection fidèle du monde extérieur. Il est émanation de
l'univers que nous portons en nous et qui est riche de toutes nos
émotions et de tous nos désirs. Le sujet ne doit cependant jamais
nous faire oublier nos responsabilités d'artiste, c'est pour cela
que je dis qu'il n'y a pas d'art sans travail, qu'il nous faut travailler
constamment. Il nous faut aller vers les autres, comprendre et connaître
leurs techniques. |
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M.P.L.:
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Comment
auriez-vous caractérisé votre style ? |
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E.A.:
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J'ai
un faible pour le surréalisme qui me permet de m'exprimer plus ouvertement
et plus librement. Je peins mes insatisfactions comme aussi ma colère.
Peut-on vraiment peindre l'amour ? |
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M.P.L.:
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Quelle
place accordez-vous au vaudou dans vos ouvres ? |
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E.A.:
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Difficile
à dire. Parle-t-on de religion ? ou d'ensemble de principes qui
demandent de ne pas tuer et de respecter toute vie sur terre.Le
vaudou c'est aussi, un peu, notre identité de peuple. Je ne suis
certainement pas peintre du vaudou mais comme tout haïtien j'ai
profondément subi l'influence du vaudou ; il a sa place dans mon
art parce que je suis un peintre haïtien. |
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M.P.L.:
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Comment
voyez-vous l'avenir de la peinture haïtienne ? |
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E.A.:
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Malgré
les jours sombres et difficiles que le pays vient de connaître,
notre peinture se porte bien. Je connais beaucoup de jeunes sérieux
et talentueux qui quoique boudés par leur famille n'ont pas hésité
à choisir la peinture et à se consacrer à leur art. Ils sont prêts
à assumer la relève. Nous avons pleinement confiance dans l'avenir.
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